Demi-figurine en Porcelaine

Demi-figurines porcelaine 1920 art deco

Demi-figurine en porcelaine

Michel Dansan antiquités en Normandie vous parle aujourd’hui de la demi-figurine en porcelaine. Principales manufactures allemandes : Wilhem GOEBEL de Oeslau-lez-Cobourg ; Unger, Schneider et Hutschenreuther de Grafenthal en Bavière ; Dressel et Keister de Passau en Bavière. Porzellanfabrik des frères HEUBACH à Lichte en THURINGE ; Kamer und RHEINHARDT de Walterhausen en Thuringe ; ECKERT et Cie de Volkstedt en Thuringe . de Oscar SCHLEGENMILCH de Langewiesen en Thuringe.

Demi-figurine en porcelaine 1920

Demi-figurine en porcelaine

Depuis des décennies, aux Etats-Unis aussi bien qu’en Europe, on collectionne avec un certain acharnement, ces délicieuses demi-figurines en Porcelaine qui ornèrent autrefois, l’espace d’une cinquantaine d’années seulement, les couvre-cafetières, les bonbonnières et les boites à poudre de nos grands-mères au temps où elles étaient de charmes jeunes filles en fleurs.

Fixés sur une armature métallique destinée à recevoir une ample jupe, ces bustes, souvent de grande qualité, ont surmonté les couvre-théières et les couvre-téléphones. On s’efforça de camoufler sous leurs jupes les bouteilles de vin, les coquetiers, les nécessaires à coudre. Ces demi-figures furent manches de brosse, elles couronnèrent les lampes dans les chambres à coucher et dans les boudoirs, elles surmontèrent, bras écartés, les bonbonnières du début du XX° siècle. En fait leur usage fut pratiquement infini.
Souvent modelés et décorés avec le plus grand soin, ces charmants bustes de femme ou de jeunes filles furent pendant longtemps considérés comme des babioles sans importance et on pouvait se les procurer pour quelque francs sans la plupart des marchés aux puces des pays d’Europe.
La situation a changé depuis que quelques collectionneurs avisés, d’abord aux Etats-Unis, se sont aperçus que, bien disposées dans des vitrines peu profondes, ces demi-figures, débarrassées de leurs jupes encombrantes, constituaient une collection amusante, colorée et très attrayante. Elles retraçaient également, jusqu’à un certain point, l’histoire de la mode, de la coiffure et du chapeau féminin.

Malheureusement peu d’historiens se sont penchés sérieusement sur leurs origines et pendant longtemps des dates de fabrications de la plus haute fantaisie et des attributions peu sérieuses ont été avancées par les collectionneurs autant que par les marchands.
Quand et où sont-elles nées ? Qui les a fait ? Autant de oints d’interrogation. En fait, ces bustes sont rarement marqués ce qui ne facilite guère les recherches et quand ils le sont, les marques ne figurent pas dans les dictionnaires spécialisés dont les auteurs ne se sont guère souciés des petites manufactures, qui ont produit ces babioles.

Une exclusivité allemande.

Demi-figurine porcelaine 1920

Demi-figurine en porcelaine la belle chocolatière

Un examen approfondi des bustes, de nombreuses et importantes collections permet d’affirmer que tous ont été fabriqués exclusivement dans de nombreuses manufactures de porcelaine établies en THURINGE et en BAVIERE d’où elles ont été exportées pratiquement dans le monde entier.

Début de la fabrication des demi-figurines en Porcelaine

La fabrication de la demi-figurine en porcelaine débuta un peu après la guerre de 1870. On peut déterminer deux grandes périodes de production. La première d’étend de 1875 à 1914 ; la seconde, de 1920 à 1930. Cependant, il est permis de douter que l’origine soit allemande, car de très rares bustes en blanc de chine portent la marque LOCRE, rue Fontaine-au-Roy, dont l’enseigne n’était autre que la «PORCELAINE ALLEMANDE». Comme cette manufacture parisienne, a cessé ses activité vers 1840, on peut reprendre en déduire que les premiers ont été fabriqués en France et que les ALLEMANDS n’ont fait que reprendre l’idée qu’ils commercialisèrent sur une grande échelle ;
Quoi qu’il en soit, tous les bustes susceptibles d’être découverts aujourd’hui, à l’exception de quelques méchantes copies japonaises, sont tous d’origine allemande, même lorsqu’il s’agit de bustes en costumes folkloriques français ou hollandais qui apparaissent de temps à autre sur le marché.

Demi-figurine en Porcelaine les modèles

Les porcelainiers allemands ont produit une infinité de modèles différents dont certains suivent la mode du temps, tandis que d’autres sont carrément inspirés du XXVIII siècle. C’est ainsi que l’on trouve tout au long de la période de production des bustes de marquises à coiffure impressionnante. Les porcelainières se sont parfois inspirés des gravures de mode, moderne et anciennes, ce qui risque de tromper les collectionneurs. Un buste habillé à la manière de 1840 ne signifie pas qu’il date de cette époque, loin de là. Comme tous les autres bustes, il a té fabriqué beaucoup plus tardivement. A défaut de gravures, les modeleurs ont aussi trouvé des sujets dans les portraits de femme du XVIII° siècle et l’exemple le plus célèbre n’est autre que la «BELLE CHOCOLATIERE», de LIOTARD, un tableau exposé au musée de la ville de Dresde, donc à proximité des centres de production.

Actuellement, les collectionneurs anglo-saxons appellent «BELLE CHOCOLATIERE», sans trop savoir pourquoi, tout buste qui représente une jeune femme en train de servir le thé. Or, un seul buste a été inspiré par le tableau de LIOTARD et lui seul mérite de porter le titre.
La mode de 1840 et celle de l’époque Napoléon III inspirèrent également les modeleurs qui mirent ainsi sur le marché contemporain des bustes d’aspect beaucoup plus ancien. Cette entorse au modernisme de l’époque, alors que les lignes générales de l’art 1900 se dégageaient rapidement, ne sembla guère préoccuper les porcelainiers allemands. Ils firent même mieux, en produisant notamment des bustes en costumes folkloriques français et hollandais. C’est ainsi qu’un peu avant la guerre de 14-18, les boutiques de Paris vendaient des bustes typiquement français, des Vendéennes et des Bretonnes ; les rares touristes égarés à Amsterdam, eux, se procuraient des bustes ZEELANDAISES. Le tout « made in GERMANY ». Ce qui prouve s’il fallait véritablement encore le prouver, que l’art et le commerce ont parfois des tendances divergentes.

Parfois, mais rarement, d’anciens moules de statuettes du XVII° siècle provenant de manufactures plus prestigieuses, comme celle de MEISSEN, ont été utilisés, ce qui donne l’illusion à certains collectionneurs d’avoir en leur possession des bustes de grande valeur. Quant aux attitudes relevées, elles sont innombrables et les collectionneurs recherchent avant tout les bustes de dames qui «font quelque chose», qui servent le thé, qui se regardent d’un air alangui dans un miroir, qui font mine de vendre des fleurs, qui tiennent un vase entre les mains quand ce n’est pas des jumelles, ou qui regardent, un sourire attendri sur les lèves, un oiseau posé sur leur main délicate.

Toutes ces demi-figures en porcelaine datent indistinctement d’avant la première guerre mondiale, à l’exception d’un certain type de marquise stéréotypé, de qualité fort courante, dont la fabrication ne cessa véritablement que vers 1930.

Les demi-figurines à l’époque des années folles

La guerre de 14-18 marqua un temps d’arrêt dans la fabrication des bustes, ce qui s’explique aisément. Mais immédiatement après l’armistice, la production reprit sur une échelle beaucoup plus vaste, les modeleurs s’inspirent cette fois de l’art contemporain, ce que leurs prédécesseurs n’avaient jamais eu l’idée d faire à l’époque 1900. Les bustes réapparurent dans toute l’Europe et aux Etats-Unis, toujours fabriqués par les manufactures de THURINGE et de BAVIERE qui s’étaient mises au goût du jour.
Les bustes furent cette fois des jeunes femmes ou de petites filles coiffées à la garçonne, portant chapeau cloche, fume-cigarette à la bouche, adoptant des poses parfaitement ridicules.

On trouve aujourd’hui dans la panoplie de l’art déco, des bustes de Pierrots et de Pierrette, des Cléopâtres très appréciées vers 1930, des pharaons étonnés et assez peu réussis, des dames aux cheveux gommés, avec accroche-cœur sur le front, lançant de bien coquines œillades.
On fabrique même, pour dieu sait quel usage, des bustes de couples enlacés et dansant probablement un charleston qui ne finira jamais. Autre innovation : on produisit non pas des bustes, mais de simples têtes de Pierrots ou de dames coiffées d’un chapeau cloche, le cou percé de trois trous permettant leur fixation sur support. Et aussi, des statuettes de petites filles habillées à la mode 1920 et qui servirent sans doute de manche à d’autres babioles de l’époque. Les buste de l’après-guerre illustrèrent en quelque sorte la libération de la femme et servirent d’objets de propagande dans beaucoup de milieux.

demi figurine en porcelaine art deco

Demi-figurine en porcelaine 1920

Les critères de valeur de la Demi-figurine en Porcelaine

Bien entendu, la bourse des demi-figures de porcelaine n’existe pas et comme elles sont rarement recensées en ventes publiques, il est difficile de leur accorder une valeur marchande. Tout au plus peut-on donner une échelle de valeur basée sur les différents types qui existent.

Viennent en premier lieu :

  • Les demi-figures les moins recherchées, c’est-à-dire celles qui ont à la fois les bras et les mains plaqués au corps, ce qui indique l’utilisation d’un seul moule en deux parties et une production courante.
  • La seconde catégorie comprend les bustes dont les bras sont détachés, mais dont les mains restent collées au corps.
  • La troisième catégorie, celle qui intéresse plus particulièrement les collectionneurs chevronnés, comprend tous les bustes dont les bras et les mains sont détachés du corps ; signe d’une production soignée.

Une demi-figure en porcelaine fabriquée au moyen d’un moule de Meissen aura, en général, plus de valeur qu’une petite dame en chapeau cloche des années 20.
La Belle Chocolatière reproduite d’après le tableau de LIOTARD sera plus appréciée et plus recherchée qu’une petite Hollandaise présentant son plateau porteur d’une théière.
Une demi-figure en porcelaine nue est moins recherchée qu’une autre habillée et donc décorée.

Trois grands centres de production

La plupart des bustes ne portent pas la marque de la manufacture qui les a produits, ce qui complique grandement le problème des attributions. Evidemment, lorsque les porcelainiers allemands se lancèrent dans la production de ce qui, à l’époque, n’était qu’une babiole sans grande importance, ils ne se doutèrent guère qu’un jour viendrait où des milliers de gens se mettraient à les collectionner. Par bonheur, certains bustes portent des marques de fabrique et celles relevées permettent de déterminer trois grands centres de production certains.

La manufacture la plus importante fut sans conteste possible celle de WILHEM GOEBEL, de Oeslau-lez-Cobourg, fondée en 1778 et qui produisit ses derniers bustes vers 1920. Vient en second lieu la manufacture de Unger, Schneider et Hutscheneuther, de Grafenthal, en Bavière. En troisième lieu, le rival le lus direct de Goebel dans la fabrication des bustes, l manufacture de Dressel et Kister, de Passau, en Bavière également. Cette petite manufacture, active au cours de la seconde moitié du XIX° siècle, produisit un nombre invraisemblable de petites statuettes de belle qualité et ses bustes on l’avantage d’être plus souvent marqués que ceux produits par les manufactures rivales.

Les marques de figurines

La marque L en cursive qui apparaît sur certains bustes laisse souvent les collectionneurs rêveurs. Or il semble qu’il y ait aucun doute possible. Il s’agit bien de la marque de la manufacture de Oscar Schlegemilch de Langewiesen en Thuringe fondée, elle, en 1892.
Quant à la marque N couronné Capodimonte ni la manufacture de Naples n’ont jamais produit de bustes. Il s’agit tout simplement de la marque utilisée par la manufacture de E.BOHME SOHNE, de Volkstedt, dont les activités cessèrent vers 1900.

En résumé

On peut affirmer que tous les bustes de la demi-figurine en Porcelaine on été fabriqués en Bavière et en Thuringe, par des usines dont les historiques n’ont jamais été établis et qui, souvent, ne se sont pas donnés la peine de marquer leurs produits.
Et les rares, très rares bustes en faïences fines ? Là, le mystère de leur origine demeure entier et le restera sans doute encore longtemps.

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