Faïence de Rubelles nouvelle porcelaine anglaise

Aujourd’hui sur le blog d’antiquités nous allons parler de la faïence de Rubelles.

Il y a presque qu’un siècle qu’un amateur d’art éclairé notait : « La place des « Rubelles » est marquée d’avance parmi les poteries de collections ».
Et pourtant, peu nombreux, sont encore ceux qui connaissent et collectionnent le Rubelles, seuls, quelques esprits avisés ont su, pièce par pièce, se constituer une aimable collection de cette faïence du XIX° siècle.

Faïence de Rubelles Alexis du Tremblay & le baron de Bourgoing

Vers 1840 Monsieur Alexis du Tremblay s’associe avec le baron de Bourgoing pour produire de la « nouvelle porcelaine anglaise ». C’est ainsi, qu’en son début, on l’appela la faïence de Rubelles. Vous en trouverez dans la magasin d’antiquités au coin de chez vous.

Faïence de Rubelles

Faïence de Rubelles

Monsieur Charles Paul-Amable, baron de Bourgoing , personnage mystérieux et attrayant, féru de découverte est né à Hambourg en 1791. Il fut appelé par le président Louis-Napoléon à occuper l’Ambassade d’Espagne en 1849. Quelques années plus tard, il devint sénateur.
Mais sa vie officielle se doublait d’une existence de chercheur ; c’est ainsi, que partant des lithophanies transparentes en porcelaine dure de la Manufacture Royale de Berlin, il «inventera » la poterie à émail ombrant, procédé qu’il fit breveter en 1827.
Après avoir essayé d’exploiter son brevet à Paris, puis à Montreuil-sous-Bois, c’est avec Alexis du Tremblay qu’il devait en partager, pendant une quinzaine d’années ( durée du brevet d’invention ), le succès.

Rubelles imitation de Bernard Pallissy

C’est également le baron de Bourgoing qui introduisit en France la première pièce ornée d’or sans brunissage.
Ambassadeur de France en Allemagne, il eut vent de la découverte de Steineau, à la manufacture de Meissen : l’or n’avait plus besoin d’être poli avec un corps dur mais sortait bruni du moufle. Il offrit au Musée de Sèvres un petit plateau décoré selon ce procédé.
Tout à fait différent de la production courante, Rubelles a exécuté des pièces remarquables à l’imitation de Bernard Pallissy. Certains chercheurs pensaient jusqu’ici qu’elles dataient du début de la production ; or, il semble bien que, tout au contraire, elles auraient été fabriquées à l’époque qui a précédé de peu la disparition de la manufacture.

Origine des décors Rubelles

A Rubelles, dont la composition de la pâte nous est restée, les potiers français se servaient d’un « composé d’argile et de terre de pipe provenant d’Arcueil et de Montereau avec adduction de silex pulvérisé, dit farine de cailloux ». C’est donc d’une terre de pipe , d’un type assez banal,  ce n’est pas à sa pâte que Rubelles doit son attrait.

Le répertoire des décors est assez facile à inventorier et peut se classer en trois ou quatre catégories, mais, sans aucun doute , le plus typique est-il la célébration de la vigne.
Pourquoi une place si prépondérante lui est-elle réservée ? En vérité, on ne sait pas.  Mais du moins peut-on supposer que c’est en souvenir des vignes qui, au Moyen Age, faisaient la richesse de Rubelles ; une variété de raisin ne s’appelait-elle pas Rubella-Vinéa.

Un rappel du passé se manifeste soit dans les décors à devises et blasons soit dans les charmantes scènes galantes dans un parc.
Les faïenceries Rubelles firent aussi de nombreux centres d’assiettes ornés de portraits – hommes ou femmes parés de costumes Louis XV ou Louis XVI, d’une grande finesse de dessin. Mais on y exécutait de jolies coupes vertes à émaux ombrants ; elles étaient marquées en creux en toutes lettres « SCHRAMBERG »

Enfin il faut mentionner la manufacture de Choisy-le-roi , dans la Seine, qui s’essaya au Rubelles mais sans succès. La couleur en particulier, un bleu pâle lilas trop délavé, n’est pas heureuse.

Le Musée Rubelles

Pour ceux qui s’intéressent aux Rubelles, la visite du Musée de Melun est vivement recommandée. On peut y admirer une importante collection de cette faïence installée dans un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle, transformé aux XIXe et XXe siècle, par l’adjonction d’une aile contemporaine, le musée est consacré à l’histoire de sa ville. Espace d’interprétation : des plans et des dispositifs amènent le visiteur à explorer l’île Saint-Etienne et y découvrir la richesse de son patrimoine archéologique antique et médiéval.

Visitez le musée de Rubel:
Renseignements au 01 64 79 77 70 du lundi au vendredi de 9h30 à 18h et le samedi et dimanche de 14h à 18h.

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