Les fèves de l’épiphanie

Et si vous profitiez de la galette des rois pour devenir Fabophile avec les fèves de l’épiphanie, en rejoignant la cohorte des nombreux passionnés de fèves… Anciennes ou modernes, elles sont toutes à collectionner.
L’Epiphanie jusqu’aux années soixante tombait le 6 JANVIER. Vatican II décide que l’épiphanie sera célébré le 1 er dimanche après le 1er janvier.
La tradition de la fève (végétale) dans la galette des Rois remonte à la nuit des temps pour certains, au règne de Louis XIII pour d’autres.
Au moyen âge celui qui avait la fève devait payer la tournée. Certains avares avalaient la fève pour ne pas s’exécuter. C’est ainsi que serait née la fève en porcelaine.
Mais l’introduction de petits sujets est beaucoup plus récente puisque les premiers apparurent dans les années 1870. Ils furent accueillis sans grand enthousiasme car on les accusait de maltraiter les dents ! Et pour cause : ces premières fèves artificielles originaires d’Allemagne étaient réalisées en porcelaine de Saxe et mesuraient 3 à 5 cm de long …
Elles représentaient des bébés emmaillotés visages peints, langes décorés. Ces créations reprenaient quasiment la forme de la graine végétale sur laquelle on s’était contenté de greffer une tête de nourrisson.

Les fèves couronnes et porte-bonheur

Très vite, dès la fin du XIX° siècle, les fabricants imaginèrent de nouveaux modèles. La première variante était évidente aux rois d’un jour, il fallait une couronne !
Puis on vint aux répliques de cartes à jouer siamoises : un roi une rien, pour offrir un souvenir à l’élu(e) de son cœur.
Et, tradition oblige, chacun conservait sa jolie fève tout au long de l’année, enfouie au fond d’un sac ou d’une poche.

De la tradition à la superstition il n’y a qu’un pas. On vit donc apparaître de nombreux porte-bonheur tels que trèfles à quatre feuilles, bossus, cochons, éléphants, fers à cheval, voire chiffre 13.

Les fèves de l'épiphanie

Les fèves de l’épiphanie

Des animaux à la politique

Au début du XIX° siècle, las des grands classiques, de nombreux fabricants se lancèrent dans les séries animalières. En vedette : chatons, tortues, lapins hiboux, scarabées, , coqs, poissons, perroquets.
Puis l’actualité s’en mêla. Le développement de l’automobile puis de l’avion, sans oublier les montgolfières, permirent aux porcelainiers d’exercer leurs talents.
La politique aussi profita de la galette des Rois : parfois grinçante avec ces cochons coiffés de casques à pointes prussiens de 1914 ; plus souriante quand elle immortalisa la célèbre pipe du président du Conseil Edouard Herriot, dans les années trente. A l’époque la quasi-totalité des fèves étaient réalisées en porcelaine.
Aujourd’hui, les matériaux ont évolués, mais l’imagination de leurs créateurs n’a cessé de galoper. Et les plus récentes n’ont rien à envier aux anciennes.

Fèves neuves ou usagées

Doit-on collectionner les fèves qui ont servi ou les fèves, intactes ? Les avis sont partagés mais il n’y a pas de règle en ce domaine. Certains Fabophiles n’acceptent que les modèles « qui ont vécu », jugées émouvantes (surtout les vieilles) : d’autres ne jurent que par l’objet intact.

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